Des préludes à l'apogée de sa carrière

1- Une jeunesse mouvementée

  Les années 20 en Pologne sont marquées par une forte agitation politique notamment avec  Pilsudski et son coup d'état. En 1925, l'accord de Locarno inquiète la Pologne : en effet l'Allemagne reconnaît ses frontières occidentales mais pas ses frontière orientales puis arriva la crise de 1930; C'est donc pour ces raisons là que Georges Charpak émigra en France, en 1931. Il portait alors son nom d'origine : Griszka. Ses parents gagnent leur vie du travail qu'ils trouvent et se logent dans le XIIIe arrondissement de Paris. Il se sent très vite intégré dans le système scolaire français, et s'y plaît. Il est ensuite accepté au lycée Louis-le-Grand, mais ses études y sont brusquées par la guerre. Pendant l'occupation, il obtient de faux papiers au nom de Jacques Charpentier, mais tente tout de même de passer ses examens sous son vrai nom pour que le diplôme soit valable. « J'avais, certes, de faux papiers, mais il me semblait que mes examens ne seraient pas valables sous une identité d'emprunt, dit-il. Ma carte au nom de Charpentier, dans la poche droite, me servait pour les déplacements, ma carte verte d'immigré polonais, dans la poche gauche, pour mes études. » Il entre dans la résistance en 1941. En juillet 1942, il échappe à une rafle et s'enfuit à Montpellier en zone libre. Il est arrêté  en 1943, interné au centre de rétention d'Eysses et est finalement déporté dans le camp de concentration de Dachau en Allemagne à l'âge de 20 ans. Georges Charpak n'y resta qu'un an et en 1946 il sort et est naturalisé français. Il part pour le Lycée Joffre à Montpellier et fait une classe préparatoire au lycée Saint-Louis à Lyon. Dès lors il entre dans l'Ecole supérieure des mines de Paris dont il sort diplômé en 1947; et se dirige alors vers le Collège de France, où la proximité des têtes éminentes de l'époque le convaincra de sa vocation : Physicien.


2- Les préludes de sa carrière

  L'année d'après, en 1948, il travaille pour le CNRS (Centre National pour la Recherche Scientifique) dans le laboratoire de physique nucléaire du Collège de France. Il eu ainsi l'opportunité de suivre les cours de Frédéric Joliot-Curie, comme il l'explique ici : "Les cours de Frédéric Joliot étaient passionnants. En fait, il allait au plus facile pour lui. Il nous décrivait l'histoire de ses découvertes et de ses échecs. Comment, par exemple, sa femme Irène et lui avaient raté le neutron découvert plus tard par James Chadwick. Comment, aussi, ils n'avaient pas vu la fission nucléaire qui, pourtant, s'était forcément produite sous leurs yeux." Il suivit également l'instruction de l'illustre école d'été de physique théorique des Houches dans les alpes, où il affina la science qui lui manquait encore pour se lancer dans la physique des particules. Il obtint en 1955 un doctorat en physique au Collège de France, ce qui lui valut, en 1959, d'être appelé comme physicien permanent au CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire).

 

3- CERN et CNRS


Il intègre le CNRS en 1948 avant d'être promu maître de recherche en 1959. Ensuite, il rejoint le CERN à Genève recruté par Leon Lederman, en temps que stagiaire dans la même année. Il est devenu physicien permanent en 1963. Sa carrière s’est développée d’abord dans le domaine de la physique nucléaire, puis dans celui de la physique des particules de haute énergie. Georges Charpak a apporté une contribution remarquable à la conception et la réalisation de détecteurs de particules élémentaires utilisés dans les laboratoires du monde entier comme au Centre de l’Accélérateur linéaire de Stanford (Connecticut) ou au CERN. C'est dans ces laboratoires que Georges Charpak à mis au point la chambre proportionnelle multifilaire Ses travaux portaient notamment aussi sur l’étude des couches nucléaires profondes, à l’aide de pions positifs, la canalisation des particules de haute énergie dans les cristaux.

  Les principaux travaux de Georges Charpak au CERN ont été les suivants :

  • mesure de l’anomalie du moment magnétique du muon ;
  • étude des couches nucléaires profondes à l’aide de pions positifs ;
  • canalisation des particules de haute énergie dans les cristaux
  • invention, puis développement de détecteurs divers utilisés dans les expériences de physique de particules : chambres à étincelles, chambres à dérive (chambres de Charpak), et chambres à fils proportionnelles ;
  • invention de détecteurs de rayons X en cristallographie : chambres à dérive sphérique ;
  • détecteurs gazeux à avalanches lumineuses.

   Ces méthodes permettent dans certaines applications, de faire des radiographies avec des doses de radiations ionisantes bien inférieures à celles utilisées auparavant.

   Georges Charpak durant sa longue carrière a reçu plusieurs distinctions : 

  • Médaille d'argent du CNRS (1960)
  • Prix Ricard de la Société française de physique (1980)
  • Docteur honoris causa de l'université de Genève (1977)
  • Prix du Commissariat à l'énergie atomique de l'Académie des sciences (1984)
  • Professeur émérite de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (1984)
  • Membre associé étranger de la National Academy of Sciences (États-Unis, 1986)
  • Prix annuel de la section des Hautes énergies de la Société européenne de Physique (1989)
  • Prix Nobel de physique pour l'invention et le développement des détecteurs de particules élémentaires, notamment de la chambre proportionnelle multifils (1992)
  • Membre du Haut Conseil à l'intégration (1994-1996)
  • Membre de l'Académie universelle des cultures (1993)
  • Docteur honoris causa de l'université de Bruxelles (1994)
  • Docteur honoris causa de l'université de Coïmbra (1994)
  • Docteur honoris causa de l'université de Thessalonique (1993)
  • Docteur honoris causa de l'université d'Ottawa (1995)
  • Membre de l'Académie autrichienne des sciences (1993)
  • Membre de l'Académie des sciences de Lisbonne (1995)
  • Membre de l'Académie des sciences de Russie (1994)
  • Membre correspondant de l’Académie nationale de médecine (2002)
  • Officier de la Légion d'honneur (2007)

   Georges Charpak est à ce jour le seul Prix Nobel français de l'après-guerre dans les domaines de la physique nucléaire et de la physique des particules élémentaires. L'École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne a ouvert en 2008 une filière d'ingénierie en électronique et informatique industrielle à Gardanne (ville près d'Aix-en-Provence). L'inauguration a eu lieu en sa présence. Il existe en France plusieurs collèges Georges-Charpak : notamment à Goussainville, avec la particularité d'être au tout numérique, et à Brindas. Une école primaire rue de Québec à Troyes porte également son nom.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site